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Actualités Mauritanie

Affaire Biram:Ould Chafi a sa lecture



Affaire Biram:Ould Chafi a sa lecture
Moustapha Ould Limam Chafi, ce mauritanien conseiller du président Blaise Compaoré et de quelques autres chefs d’états ouest africains, suit intensément ce qui se passe en Mauritanie. Il a vite condamné l’autodafé des livres musulmans commis par son désormais ex ami, Biram Ould Abdeïd. Mais il a sa propre lecture de tout ce qui s’est passé et dénonce une main secrète du pouvoir qui a manipulé le ‘’pauvre’’ Biram pour commettre son forfait. Interrogé par Biladi sur l’incinération de certains classiques de la jurisprudence musulmane, Moustapha Ould Limam Chafi, le mauritanien certainement le plus célèbre en Afrique, n’a pas nié les relations qu’il entretenait avec le président de l’IRA qui, à ses yeux, militait pour une cause noble : l’éradication de l’esclavage dans notre pays. Même s’il a rapidement condamné son acte d’autodafé, il demeure convaincu qu’il a été ‘’travaillé’’ par les services spéciaux qui ‘’tenaient beaucoup à l’utiliser contre le mouvement islamiste dont les positions deviennent de plus en plus tranchées contre Aziz’’.
Je peux affirmer, poursuit Ould Chafi, que la première sortie de Biram contre Cheikh Dedew était provoquée par l’intervention d’un élu de la vallée qui avait apporté de fausses nouvelles au président de l’IRA sur de prétendues déclarations du Cheikh hostiles à la lutte contre l’esclavage. A l’époque Biram se trouvait à Ouaga pour présenter ses condoléances à Ould Chafi suite au décès de son père Limam Chafi.
Les deux amis ont pu apparemment échanger sur l’affaire et Chafi précise que Biram avait reconnu devant lui qu’il était manipulé par la police de Aziz et avait présenté ses excuses au cheikh Mohamed El Hacen qu’il avait même rencontré à Nouakchott à travers l’un des cadres du parti Tawassoul.
Visiblement décidé à atteindre son objectif, dit Ould Chafi, le régime, n’a pas lâché prise et ne s’est point découragé et a continué à vouloir lancer le jeune Haratine, inexpérimenté en politique, contre Dedew et le parti Tawassoul.
Il y a, à peu près, une semaine, le 22 avril, Biram appelle son ami Chafi de Dakar et lui fait savoir son indignation face à ce qu’il estime être une mauvaise position du chef religieux et de Tawassoul par rapport à la cause qu’il défend : l’esclavage. Chafi lui explique d’essayer de prendre du recul et d’attendre jusqu’au retour à Nouakchott pour débattre de vive voix de toutes ses questions avec les intéressés… Entre temps, raconte-t-il, arriva la catastrophe : la prière de Biram et l’autodafé des livres de référence du fiqh maléquite en Mauritanie. Ce qui, explique-t-il, lui donne raison de penser à une action planifiée et exécutée sous l’œil très intéressée du pouvoir qui cherchait à tout prix ‘’à détourner l’opinion des véritables problèmes du pays et, surtout, démobiliser les troupes de l’opposition à la veille du sit-in qui lui fait tant peur’’.

Un montage…

Moustapha Ould Chafi croit dur, comme fer, que l’affaire Biram n’est autre qu’un montage des renseignements. Un tel montage découle, soutient-il, des éléments suivants :
La date de l’autodafé dont le choix n’a rien du hasard: à quelques jours des activités importantes de la COD, particulièrement le sit-in à Nouakchott. D’où le besoin d’occuper l’opinion eu égard aux activités précédentes où l’afflux était imposant.
Le lieu : après une prière du vendredi dans la rue au vu et au su de tout le monde et singulièrement de la police qui ne fait que surveiller les activités de Biram et qui n’intervient point pour empêcher le ‘’péché’’.
La large et surprenante couverture médiatique et notamment de la télévision nationale. C’est le seul événement qui n’a pas été raté par TVM. Etrange, n’est-ce pas !
Le silence pendant 24 heures pour attendre la réaction de l’opinion, comme si seule la réaction de l’opinion doit permettre de qualifier l’infraction.
Il faut ajouter à ces éléments : la présence remarquée d’éléments des renseignements dans les rangs de IRA et lors de l’opération d’incinération. L’un de ces éléments a déclaré à la presse qu’il était présent lors de la prière dans la rue et que les autorités sont conscientes de son rôle… 
Enfin, il y a les tentatives de hauts responsables de l’upr à travers des déclarations sur différents médias et notamment la station de Radio, Mauritanides, consistant à faire supporter la COD la responsabilité de l’acte de Biram au moment où tous les partis dans un élan général ont dénoncé cet acte.
De toutes les façons, conclut Ould Chafi, l’acte de Biram dénote de l’absence de l’Etat qui est devenu incapable de jouer son rôle.
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Rédigé par rmibiladi.com le Lundi 7 Mai 2012
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