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Actualités Mauritanie

COVIRE réclame l’abrogation de la loi d’amnistie de juin 1993.



COVIRE réclame l’abrogation de la loi d’amnistie de juin 1993.
La Coordination des associations des Victimes de Répression (COVIRE) demande l’abrogation de la loi d’amnistie du 12 juin 1993, couvrant les présumés auteurs d’exécutions extra-judiciaires de plusieurs centaines de militaires issus de la communauté noire (fin 1990/début 1991), dans une correspondance adressée au président Mohamed Ould Abdel Aziz, rendue publique vendredi. La coordination réclame « la traduction en justice des tortionnaire » et « la destitution » du haut responsable chargé de la gestion du passif humanitaire.

Ce passif humanitaire constitué par un ensemble de violations des droits humaines (déportations, révocations abusives et expropriations) a également fait des victimes civiles.

Dans la même correspondance, le collectif des associations de victimes exige également « la réintégration et la reconstitution de carrière au profit de 144 fonctionnaires du ministère de l’éducation nationale sur la base d’un recensement des agents de l’état victimes des événements de 1989, la signature d’un accord pour le retour des réfugiés mauritaniens restés au Mali….. ».

En avril 1989, rappelle-t-on, des affrontements interethniques ont fait plusieurs centaines de victimes de part et d’autre du fleuve Sénégal, créant une grave crise entre la Mauritanie et son voisin.

L’exécution des militaires noirs entre septembre 1990 et février 1991 apparaît comme le prolongement mauritano-mauritanien de cette grave crise.

Les autorités mauritaniennes ont permis le retour organisé de 24 réfugiés sur la base d’un accord tripartite signé avec le gouvernement du Sénégal et le HCR.

Les familles des victimes militaires ont été indemnisées mais les présumés tortionnaires restent couverts par une loi d’amnistie de 1993. Suite à une question très orientée vers le négationnisme d’un journaliste d’une radio privée de la place, l’ex chef de l’Etat, Ely Ould Mohamed Vall, a nié toute responsabilité dans les exactions contre la communauté négro-africaine. Des milieux proches du pouvoir ont mobilisés des cadres négro-africains, négationnistes notoires sous le régime Taya dans le but d’instrumentalisation politicienne des déclarions de celui qui est présenté actuellement comme l’un des adversaires les plus irréductibles de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Avec la nouvelle sortie du COVIRE réclamant l’abrogation de la loi scélérate du 12 juin 1993 et le réveil de tous les souvenirs douloureux, la tentative du régime Aziz, sommé de prouver sa bonne foi en abrogeant un texte présenté comme le verrou de l’impunité, semble avoir eu un effet boomerang.
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lecalame.info
Rédigé par lecalame.info le Vendredi 22 Juin 2012
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