Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Monde : actualités

La crise syrienne provoque des remous au sein du Hezbollah libanais

MFI/RFI

Le Hezbollah ne cache plus son inquiétude face à la crise syrienne. Deux courants se dessinent au sein du parti : celui qui estime que la bataille en Syrie est la sienne et qu’il faut se tenir aux côtés du régime, et celui qui veut s’en dissocier et appréhende déjà la période post-Assad.


La crise syrienne provoque des remous au sein du Hezbollah libanais

Le Hezbollah a fait son choix en Syrie, sous l'impulsion de son secrétaire général, le rassembleur Hassan Nasrallah. La position officielle du « parti de Dieu » est que le voisin syrien est victime d' « un complot ourdi par les Etats-Unis, avec la complicité d'Etats du Golfe, pour servir les intérêts d'Israël ». Le président Bachar el-Assad est qualifié de « résistant », qui a appuyé « politiquement, matériellement et moralement les mouvements de résistance anti-israéliens libanais (Hezbollah) et palestiniens (Hamas et Jihad islamique) ». Hassan Nasrallah est allé plus loin, le 18 juillet, en révélant que la majorité des 4 500 roquettes et missiles tirés sur Israël lors de la guerre de juillet 2006 « ont été livrés par la Syrie ». L'Occident veut le punir pour cela.

Le Hezbollah inscrit donc l'événement syrien dans le cadre de la confrontation globale entre les Etats-Unis, Israël et leurs alliés européens, turcs et arabes d'un côté, l'« axe de la résistance » (Iran-Syrie-Hezbollah) et ses amis russes, chinois des Brics* de l'autre. L'enjeu n'étant pas moins que la fin de l' « hégémonie américaine sur le monde et le rééquilibrage des relations internationales ».

Mais derrière ce discours officiel se cache une grande inquiétude sur l'issue de la crise syrienne et un profond débat sur l'attitude à adopter en cas de chute du régime. Ces discussions portent sur des questions existentielles et se déroulent dans les instances supérieures de ce parti déjà très secret, loin des oreilles indiscrètes. Des rares informations qui filtrent, on peut deviner un sentiment d'incertitude et, parfois, des divergences concernant les choix d'avenir. Parler de divisions ou de dissensions au sein du commandement suprême du Hezbollah serait toutefois abusif.

Il n'en reste pas moins que certains responsables politiques prônent un recentrage de la position du parti et une plus grande ouverture sur les mouvements islamistes sunnites qui ont pris le pouvoir en Egypte et en Tunisie ; des tentatives d'initier un dialogue sunnite-chiite ont d'ailleurs déjà été amorcées. Personne ne plaide pour un changement d'alliances régionales, mais quelques-uns estiment que le parti ne devrait plus afficher ouvertement un soutien indéfectible au régime syrien et devrait même envisager de s'en éloigner progressivement.

 

Des relations au passé tumultueux

 

Il serait hasardeux de donner des noms à ceux qui défendent ces différentes options, car les discussions se déroulent entre quatre murs. Cependant, le passé tumultueux des relations entre la Syrie et le Hezbollah implique nécessairement l'existence au sein des deux camps de responsables qui ne s'apprécient guère, ou même qui se détestent.

En effet, il ne faut pas oublier que la mésentente, voire l'hostilité, a longtemps marqué les relations bilatérales. Dans les années 1980, Damas appuyait au Liban l'autre mouvement chiite Amal (dirigé par le président de la Chambre Nabih Berry), lors de la guerre fratricide qui l'a opposé au Hezbollah et qui a fait des milliers de morts et de blessés. A l'apogée de la lutte d'influence entre la Syrie et l'Iran au Liban, Téhéran avait encouragé une scission au sein d'Amal, en 1983, conduite par l'actuel député du Hezbollah, Hussein Moussaoui. Même si la Syrie et l'Iran était des alliés face à l'Irak de Saddam Hussein, Damas n’appréciait guère les tentatives de l'Iran de s'infiltrer au Liban, qu'il considérait comme sa chasse gardée.

Cette lutte d'influence a pris une tournure sanglante à deux reprises. Pour se venger d'un affront infligé aux « observateurs » syriens dans les rues de Beyrouth, en 1986, les troupes syriennes, de retour dans la capitale libanaise un an plus tard, ont commis un massacre dans une caserne du Hezbollah. Quinze membres du parti avaient été exécutés, les yeux bandés, face au mur.

En septembre 1993, alors que la Syrie était engagée dans les négociations de paix avec Israël, le Hezbollah a organisé une manifestation de protestation. L'armée libanaise, équipée et entraînée par les Syriens, a ouvert le feu, tuant 13 personnes près de l'aéroport de Beyrouth. De nombreux autres incidents moins connus mais non moins importants ont entaché les relations entre les deux parties pendant des années.

 

Nasrallah a le dernier mot

 

Ce n'est qu'avec l'accession de Hassan Nasrallah à la tête du Hezbollah, en 1992, que les relations avec Damas se sont progressivement améliorées. Le cheikh a donné la priorité à la résistance contre les troupes israéliennes qui occupaient une partie du Liban, éloignant le parti des méandres de la politique interne libanaise. On le voit bien, pendant près d'une décennie, les rapports entre la Syrie et le Hezbollah étaient faits de violence et de sang, ce qui a certainement eu des séquelles indélébiles. Ce sont justement ces traces résiduelles qui remontent à la surface dans les moments de crise.

Toutefois, les grandes décisions d'ordre stratégique au sein du parti ne peuvent être prises sans l'aval de la structure militaire dont le poids est décisif. Or, les militaires savent très bien combien l'aide logistique et matérielle fournie par le régime syrien est importante. Les principaux camps d'entraînement et dépôts d'armement du Hezbollah se trouveraient en Syrie, loin de l'aviation israélienne, qui domine l'espace aérien libanais. Les militaires sont conscients que la chute du régime de Bachar el-Assad constituerait une perte inestimable, peut-être irremplaçable. Hassan Nasrallah, qui est en même temps le chef politique et militaire suprême, est bien placé pour le savoir. C'est lui qui a le mot de la fin.

 

*Brics: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

 

Paul Khalifeh

Lu 104 fois
Notez
Rédigé par MFI/RFI le Mercredi 8 Août 2012
S'identifier

Alyssa Rickard : A few protests occur in northern #Mali to proclaim rejection of peace accord; say they weren't adequately represented http://t.co/lcKq5uNOse
Dimanche 1 Mars - 22:14
Alyssa Rickard : Coordination of Azawad Movements did not sign #Mali peace deal becuz they want to first share it with the population http://t.co/6PSaOHDMqW
Dimanche 1 Mars - 22:09
Alyssa Rickard : #Mali government signs peace deal while rebels delay http://t.co/T5m80EYm4R
Dimanche 1 Mars - 21:57
Ciesma mauritanidees : 60 young British women have left to become jihadi brides http://t.co/adV8Dq8J9g
Dimanche 1 Mars - 21:09
Ciesma mauritanidees : Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu to arrive in US and make controversial Iran speech http://t.co/N8w3a6LnLf
Dimanche 1 Mars - 21:08
Agence France-Presse : Les opposants russes assassinés #AFP #Nemtsov http://t.co/KaezMIII7H
Dimanche 1 Mars - 21:07
Ciesma mauritanidees : Netanyahu flies to U.S., signs of some easing of tensions over Iran speech http://t.co/hDnOXvLMTJ via @reuters
Dimanche 1 Mars - 20:55
Ciesma mauritanidees : Nétanyahou met-il en péril la « relation spéciale » américano-israélienne ? http://t.co/W8Lm7N4x9E
Dimanche 1 Mars - 20:49
Ciesma mauritanidees : Mekfoula Mint Brahim, biologiste et activiste : La Juste de l'Adrar http://t.co/m6lMdHkJtC
Dimanche 22 Février - 22:38
Ciesma mauritanidees : Mekfoula Mint Brahim « je ne suis pas arabe, je suis mauresque… » http://t.co/tPh3fOLxc9
Dimanche 22 Février - 22:15
Ciesma mauritanidees : https://t.co/5eg6PkEU6h
Dimanche 22 Février - 22:14
Ciesma mauritanidees : A Istanbul, des hommes en jupe contre la violence domestique http://t.co/6ZxCr9rtBg via @libe
Dimanche 22 Février - 20:58
Ciesma mauritanidees : Le flux de combattants européens vers l'Etat islamique se tarit http://t.co/psjArCaqOX
Dimanche 22 Février - 19:48
Ciesma mauritanidees : #Terrorism: Troops recapture Baga, rout B/Haram http://t.co/5qL1hnK0K0
Dimanche 22 Février - 19:22
Christiane Taubira : "Nous allons faciliter la poursuite des infractions racistes et antisémites en les sortant de la loi de la presse." #assiseshaineinternet
Dimanche 22 Février - 19:11
Le Matin Algérie : L’armée turque fait une incursion en Syrie pour évacuer des soldats http://t.co/XUbN1w0r9e
Dimanche 22 Février - 18:42
Amnesty Paris : « Depuis la Libye et la Turquie, le trafic de #migrants prend une ampleur jamais vue. » Grande enquête de @mediapart. http://t.co/gmV5YCLyWt
Dimanche 22 Février - 15:45
RFI English : France - Niger - French Foreign Minister in Niger to present anti-Boko Haram strategy http://t.co/fy4T8M7VVk
Dimanche 22 Février - 15:40
jean-do merchet : Egypte : l’achat du Rafale traduit le regain du nationalisme http://t.co/9SzPh0nrCO via @Lopinion_fr
Dimanche 15 Février - 18:10
Ciesma mauritanidees : Funeste rivalité entre Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique http://t.co/aEhHpoM7kY
Samedi 14 Février - 12:30