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Le seuil des trois millions de demandeurs d'emploi franchi

Lemonde.fr

Le seuil des trois millions de demandeurs d'emploi franchi

Le ministre du travail, Michel Sapin, a affirmé dimanche 2 septembre, sur Radio J, que le seuil symbolique des 3 millions de demandeurs d'emploi sans activité était désormais franchi, ainsi que le taux de 10 % de chômeurs.

"L'année prochaine quel sera le taux de chômage ? Personne ne le sait. Les 3 millions [NDLR, de demandeurs d'emplois sans activité] c'est déjà fait. Les chiffres que vous commentez qui sont les chiffres du mois de juillet sont aujourd'hui dépassés, on est en septembre. Ce n'est pas la peine de s'interroger sur 10 %. C'est déjà fait", a déclaré le ministre à la radio.
Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine avait augmenté pour le 15e mois consécutif en juillet, de 41 300 personnes, la plus forte hausse depuis plus de trois ans, pour atteindre 2,987 millions de personnes. Avec l'outre-mer, 4,733 millions de demandeurs d'emploi étaient recensés fin juillet, dont 3,232 millions sans aucune activité (catégorie A).
"NE NOUS BATTONS PAS SUR DES SYMBOLES"
"D'ailleurs, l'outre-mer fait partie de la France, donc si vous prenez le chômage en outre-mer, vous avez dépassé les 3 millions et dépassé les 10 %. Ne nous battons pas sur des symboles qui sont des symboles déjà dépassés", a d'ailleurs souligné le ministre.
"La question est : est-ce que cela va augmenter encore beaucoup ? Oui, cela va augmenter. Est-ce qu'à un moment donné on peut l'inverser, oui on peut l'inverser. Ce sont des décisions économiques, ce sont des décisions européennes qui sont là, a-t-il ajouté. Il faut de la croissance pour pouvoir créer des emplois et ainsi lutter véritablement contre le chômage."
 LE CONTRAT DE TRAVAIL N'EST "PLUS STABLE"
Le ministre a par ailleurs estimé que le contrat de travail "n'est plus un contrat stable" et qu'il fallait "revoir cela" avec les partenaires sociaux pour "donner plus de sécurité de l'emploi". "Aujourd'hui le contrat de travail n'est plus un contrat stable, n'a plus aucun sens, c'est complètement détourné: les CDD, les missions d'intérim, les ruptures conventionnelles utilisées de manière extrêmement libérale. Tout cela fait qu'il y a une insécurité dans l'emploi", a affirmé le ministre du travail.
"Il faut revoir cela pour donner plus de sécurité dans l'emploi. Il y a du temps partiel totalement imposé aux gens. Tout ceci doit être abordé par les partenaires sociaux. Cela doit être limité au strict minimum nécessaire", a-t-il ajouté.
"ADAPTATION"
Mais, pour Michel Sapin, "de l'autre côté", les entreprises doivent aussi "pouvoir s'adapter" aux nouvelles donnes économiques. "Il faut permettre une adaptation en terme d'organisation du travail, en terme de localisation de l'emploi, aussi en terme de quantité d'emplois", a estimé le ministre, choisissant, à l'instar du premier ministre Jean-Marc Ayrault, de parler d'"adaptation" plutôt que de "flexibilité".
"Je ne sais pas ce que c'est que la flexibilité, je sais ce que cela veut dire dans la bouche de certains, cela veut dire qu'il faut que les salariés courbent l'échine ", a-t-il lancé. "Et bien non, c'est la possibilité pour chacun de sécuriser l'emploi du salarié, comme l'emploi dans l'entreprise", a-t-il dit.
Le gouvernement doit transmettre le 10 septembre aux partenaires sociaux un document d'orientation qui lancera cette négociation sur la sécurisation de l'emploi, qui s'annonce difficile.
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Rédigé par Lemonde.fr le Dimanche 2 Septembre 2012