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Mali : Fin de mandat pour Dioncounda Traoré ?

MFI RFI

Le président Traoré a été agressé ce lundi à son bureau de Koulouba, à Bamako, la capitale du Mali, par des manifestants opposés à son maintien à la tête de la transition. Deux mois jour pour jour après le coup d'Etat du 22 mars, cette agression serait la preuve, pour certains diplomates franco-onusiens, qu'il est temps «d'explorer d'autres voies».


Mali : Fin de mandat pour Dioncounda Traoré ?

Dioncounda Traoré a dû passer une bien mauvaise nuit mais ce mardi matin, selon un membre de sa famille, le président par intérim du Mali se portait mieux. Légèrement blessé au front et dans le dos, il a été soigné à l'Hôpital du Point G, à Bamako puis, dans la nuit, il a regagné un lieu sécurisé. L’agression dont il a été victime n’a pas entraîné de lésion grave, selon une source médicale. Mais l’homme a 70 ans et une évacuation sanitaire vers Abidjan aurait été sérieusement envisagée dans la nuit de lundi à mardi pour des analyses médicales plus poussées.

Deux mois jour pour jour après le coup d'Etat du 22 mars, c'était ce mardi que devait se terminer officiellement sa présidence intérimaire de quarante jours et débuter pour lui une nouvelle période de transition d’un an à la tête du pays. Le président par intérim du Mali avait été désigné dimanche soir par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour se succéder à lui-même. Une transition qui vole en éclats après son agression.

 

Une agression largement condamnée

 

Hier après-midi, à l'appel d'organisations qui soutiennent la junte, des milliers de manifestants ont décidé de se faire entendre à Bamako puis devant le Palais présidentiel de Koulouba, sur les hauteurs de la capitale. En pleine séance de travail, le chef de l'Etat par intérim a accepté de recevoir une petite délégation de ces mécontents. Pendant ce temps, d'autres sautaient par-dessus les grilles… Des manifestants chauffés à blanc, à la manière des patriotes de l’ère Blé Goudé, de sinistre mémoire, ont pénétré dans la salle de réunion où se trouvait Dioncounda et l'ont agressé. Pourquoi la garde présidentielle n’a-t-elle pas pu contrôler la foule ? Là est toute la question.

Pour ces manifestants, seule la junte est capable de gérer la transition politique. « On ne veut pas Dioncounda. On a dit Dioncounda démissionne. On ne veut pas qu'il reste au pouvoir, explique Omar. On était en train de chanter « Le pays va mal, le Mali va mal ». Ce n'est pas à la CEDEAO de décider. Ce sont les Maliens qui doivent choisir le président. En tout cas, Dioncounda, pour nous, c’est non ! »

L’agression du président Traoré a été largement condamnée par la rue malienne : « Pourquoi s'en prendre à sa vie, interroge un jeune homme. C'est un manque de respect pour le pays. » Une femme : « Le pays n'a pas besoin de ça. Il faut sortir de cette crise et stopper ces violences. » Favorable à la junte, un commerçant conclut : « Même si on n’est pas d'accord, on ne doit pas l'agresser parce que c'est le président. On doit le respecter. »

Dans les sphères politiques, cette agression du premier personnage de l'Etat a été également fermement condamnée. « Le Mali ne mérite pas ça », a déclaré en bambara lundi soir sur les antennes de l'ORTM, la télévision publique malienne le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra. De son côté, Amadou Koïta, le secrétaire politique du Front du Refus, la coalition des partis opposés au coup d'Etat s’est dit « écœuré » par les violences contre le président intérimaire.

 

« Agressé au vu et au su des Forces de défense et de sécurité »

 

Cette violence vient en effet bouleverser un processus politique qui semblait avoir trouvé une issue - bien que fortement contesté en sous-main. Au sein de la CEDEAO, les médiateurs sont consternés. Le facilitateur de la crise, habituellement si calme, si mesuré, ne prend plus de pincettes pour critiquer ouvertement les militaires, auteurs du coup d'Etat, et leurs soutiens politiques. Car si ce lundi soir, le chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo, a lui aussi condamné l'agression de Dioncounda Traoré, sa position demeure ambigüe.

Depuis la signature de l’accord, il y a 48 heures, les membres de l’ex-junte se sont retirés dans leur quartier général de Kati. Pour le moment, le capitaine Amadou Sanogo et ses camarades donnent nettement l’impression qu’ils ne veulent pas être un facteur de blocage dans l’application des accords de transition. A l’entrée de l’aéroport de Bamako, l’impressionnant dispositif de sécurité installé par les ex-putschistes a été remplacé par une très légère structure militaire

 

Des concessions avantageuses pour le capitaine et ses camarades

 

Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine et émissaire de la CEDEAO, Adama Bictogo, qui a participé à toutes les négociations de sortie de crise, a condamné lui aussi cet acte de violence : « Cet incident nous préoccupe. Cela est même inacceptable. Les acteurs qui ont eux-mêmes rédigé un accord permettant le maintien de Dioncounda Traoré, conformément aux décisions des chefs d’Etats, on ne peut pas comprendre qu'aujourd’hui, le président par intérim Dioncounda Traoré ait été agressé au vu et au su des Forces de défense et de sécurité du Mali ». Lundi matin, un énième accord avait en fait été signé dans lequel toutes les parties, Président de la République, Premier ministre, junte, semblaient avoir trouvé un consensus. « Nous repartons avec le sentiment d'avoir accompli la mission », s’était félicitée (un peu vite !) la CEDEAO.

Mais pour parvenir à la signature de cet accord, il avait fallu multiplier les concessions, en particulier à l’ «ex» junte, qui réclamait des garanties. Les députés maliens, en majorité hostiles à ces militaires putschistes, avaient même voté ce vendredi une « loi d'amnistie générale » au profit des membres du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) et de leurs « associés ». Le capitaine Sanogo a obtenu le statut – et les avantages ! - d'un ancien Président de la République (argent, voiture, logement)... Ces décisions, appuyées par la CEDEAO, ont été critiquées au Mali comme dans les pays voisins. Et pourtant, elles ne semblent pas encore avoir suffi...

Que va faire Dioncounda ? Va-t-il décider de rester à la tête du Mali en exigeant des garanties pour sa sécurité ? Car s’il venait à démissionner, le Mali serait sans chef d'Etat, avec un Premier ministre doté des pleins pouvoirs. Quant au capitaine Sanogo, il déclarait il y a peu : « Lorsqu'on a été chef de l'Etat, il est difficile d'occuper une autre fonction. »

Ce lundi soir, Gérard Araud, à Abidjan à la tête d'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter de l'avenir de l'Onuci en Côte d'Ivoire a estimé que: « Les efforts diplomatiques conduits par la CEDEAO pour trouver une solution fondée évidemment sur le départ de la junte, je ne veux pas dire qu'ils ont échoué mais, en tout cas, ils ont été mis en danger par les derniers développements et il faudrait peut-être considérer d'autres voies. » En marge du sommet de l'OTAN à Chicago, le président français, François Hollande, a condamné l'agression et appelé au respect du processus politique au Mali. La France, a dit le chef de l'Etat, est attentive aux événements en cours au Mali, et plus largement dans toute la zone sahélienne.

La CEDEAO a profité de la présence de la délégation onusienne à Abidjan pour lui demander son appui logistique. Rien n’a encore été décidé mais il serait question de sanctions et d’utilisation de la force - non pas pour gérer la crise au nord du pays – pourtant si urgente pour les populations oubliées entre les mains d’al-Qaïda et ses affidés – mais déjà pour sécuriser Bamako et la mise en place de la transition.

 

RFI / Avec Antoinette Delafin

 

 

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Rédigé par MFI RFI le Mercredi 23 Mai 2012
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