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Cinéma

Maroc : « Les chevaux de Dieu » dans la réalité du monde

MFI/RFI

Le réalisateur marocain Nabil Ayouch a reçu le Prix François-Chalais, en mémoire du grand reporter décédé en 1996, pour Les chevaux de Dieu, un long métrage présenté au 65è Festival de Cannes dans la section officielle Un certain regard.


 

Comment devient-on kamikaze ? Cette question lancinante hante le réalisateur marocain Nabil Ayouch depuis les attentats de Casablanca du 16 mai 2003. Dans Les chevaux de Dieu, le cinéaste retrace l'itinéraire intime de deux frères qui vivent dans le bidonville de Sid Moumen, à Casablanca, et leur évolution, de la délinquance et la misère à l'embrigadement salafiste.

Le film nous montre « comment des gamins des bidonvilles de Casablanca voient leur destin dévier pour devenir les terroristes qui commettent… les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca », explique Nabil Ayouch. Les acteurs, y compris les deux personnages principaux - les deux futurs terroristes, des frères dans le film et aussi dans la vraie vie -, sont pour l’essentiel des non-professionnels issus de Sid Moumen.

 

Une enquête minutieuse sur l'univers salafiste

 

Le réalisateur s’est inspiré des véritables attentats qui ont frappé la ville, faisant « 45 morts dans cinq lieux différents ». Il a mené une enquête minutieuse sur l'univers salafiste et la jeunesse démunie de Casablanca, allant jusqu'à rencontrer les familles des véritables kamikazes de l’attentat. 

L’islamisme est-il la grande question des sociétés du Maghreb aujourd’hui ? « L’islam politique, oui, avec les idéologies qu’il véhicule », estime Nabil Ayouch. Et de citer, l’an dernier, le caractère « extrêmement prolixe (…) des mouvements populaires dans pratiquement tous les pays arabes. Des mouvements qui se transforment - pour moi, ils ont été kidnappés - par une forme d’islam politique qui est en train de s’emparer du pouvoir. Ma préoccupation réelle est là ».

Pour le secrétariat du prix, ce film bouleversant se situe parfaitement dans « l'esprit François-Chalais qui s'attache à rappeler sans cesse la réalité du monde ».


RFI / MFI
 

 

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Rédigé par MFI/RFI le Jeudi 7 Juin 2012