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Nkosazana Dlamini-Zuma, une femme d'expérience à la tête de l'Union africaine

MFI/RFI

Nkosazana Dlamini-Zuma, une femme d'expérience à la tête de l'Union africaine

Elue dimanche 15 juillet, elle est la première femme et la première anglophone à prendre la tête de la Commission de l'Union africaine. Mais Nkosazana Dlamini-Zuma est d'abord une femme politique d'expérience, une grande habituée des arènes internationales. A 63 ans, l'ancienne chef de la diplomatie sud-africaine, ex-épouse du président Jacob Zuma, est considérée comme une dame de fer, dont l'efficacité est reconnue.

 

Trente-sept voix à l’issue du quatrième tour de scrutin. Grâce au SMS, le secret du huis clos a été rapidement éventé. Une clameur a accueilli ce chiffre. Les diplomates d’Afrique australe se sont congratulés. Nkosazana Dlamini-Zuma est considérée comme l'une des femmes les plus influentes de sa génération. Médecin de formation, militante au sein de l'African National Congress (ANC) contre le régime d'apartheid, elle a été ministre sans discontinuer depuis 1994 et l'élection de Nelson Mandela à la présidence sud-africaine.

Pendant dix ans à la tête du ministère des Affaires étrangères, elle y a été l'artisan d'une diplomatie tranquille, notamment envers le Zimbabwe, maintenant coûte que coûte une politique de bon voisinage avec Harare.

En 2009, l'ex-épouse du président Jacob Zuma est devenue son ministre de l'Intérieur. Sa rigueur, sa poigne et son caractère bien trempé lui ont permis de remettre de l'ordre dans cette maison très mal gérée.

Alors, à 63 ans, quand elle évoque ses priorités pour l'Union africaine, elle promet, là encore, de renforcer l'organisation. On la sait austère, mais capable de s'entourer de bons administrateurs.

 

Une victoire de la diplomatie sud-africaine

 

Nkosazana Dlamini-Zuma remporte donc haut la main cette élection après avoir échoué il y a six mois, ici même, à Addis-Abeba. Elle a été en tête dès le premier tour avec 27 voix contre 24 pour Jean Ping. Au fil des scrutins, le Gabonais a perdu des voix, y compris dans son propre camp, avant de se retirer au troisième tour. Le quatrième tour n’était donc plus qu’une formalité.

La diplomatie sud-africaine triomphe. Car le président Jacob Zuma a bataillé ferme pendant plus de six mois pour imposer son ex-épouse à la tête de l’Union africaine, une organisation affaiblie en raison de la rivalité qui opposait les deux camps : l’Afrique australe d’un côté, et l’Afrique centrale – soutenue pour l’occasion par l’Afrique de l’Ouest – de l’autre.

Mais la volonté d’en finir avec cette querelle stérile et le désir de doter cette organisation d’un véritable exécutif l’ont emporté sur les autres considérations. Par ailleurs, et c’est notable, pour la première fois dans l'histoire de l’Union africaine, une femme va diriger l'organisation.

Et à ceux qui s'inquiètent encore de voir l'Afrique du Sud, première puissance économique du continent, avoir la mainmise sur l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma répond que ce n'est pas l'Afrique du Sud, mais uniquement elle, qui s'apprête à déménager au siège de l'organisation à Addis-Abeba.

 

RFI

 

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Rédigé par MFI/RFI le Mardi 17 Juillet 2012