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Pourquoi l'Espagne inquiète tant la zone euro




Le psychodrame grec apaisé, l'Italie reprise en mains par Mario Monti, c'est désormais l'Espagne qui devient la préoccupation numéro un de la zone euro. Récession, finances publiques en berne, climat social hostile, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy traverse une passe délicate.
La preuve en est : aujourd'hui, à l'inverse d'il y a trois mois, Madrid paye davantage que Rome pour emprunter sur les marchés. Malgré les monceaux de liquidités déversés par la Banque centrale européenne (BCE) pour apaiser la zone euro, les taux espagnols n'ont que très légèrement baissé quand les taux italiens, eux, se sont considérablement détendus.
Les décideurs européens ne cachent plus leur inquiétude (Le Monde du 26 mars). D'autant que le gouvernement Rajoy se prépare à affronter une séquence délicate, avec une grève générale jeudi 29 mars contre l'austérité et la réforme du droit du travail, puis la présentation du budget 2012 vendredi.
Une transparence en question La publication d'un déficit 2011 bien plus élevé qu'attendu, après l'arrivée au pouvoir fin décembre de M. Rajoy, a refroidi les investisseurs. Initialement prévu à 6 % du produit intérieur brut (PIB), il est désormais chiffré à 8,51 %. La faute, en grande partie, aux comptes des 17 communautés autonomes.
Cette révision a amené certains à s'interroger sur les comptes du pays. A 68,5 % du PIB fin 2011, la dette publique espagnole a certes presque doublé depuis 2007, mais elle reste une des plus faibles de la zone euro. Selon l'économiste indépendant Edward Hugh, basé à Barcelone, "la dette est en fait plus élevée, la question est de savoir de combien".
D'après ses calculs, le montant des factures impayées de l'Etat central, des communautés autonomes et des municipalités - "qui ne sont pas considérées comme de la dette jusqu'à leur règlement" - accroîtrait la dette publique de 7 points de PIB. Au sein de la zone euro, cette situation n'est pas spécifique à l'Espagne, prévient toutefois M. Hugh. Et à cela s'ajoutent la dette des entreprises publiques, qui s'élève à 5,2 % du PIB selon la Banque d'Espagne, ainsi que les obligations détenues par le fonds de pension d'Etat. Face aux impayés, M. Rajoy avait indiqué, le 9 mars, qu'une ligne de crédit de 35 milliards d'euros - l'équivalent de 3,3 % du PIB - serait mise à disposition des collectivités locales pour régler pharmaciens, fournisseur d'électricité ou entreprises de nettoyage.
Des objectifs délicats A Bruxelles, la cause est entendue : si l'Espagne fait face à une tension accrue des marchés, elle ne le doit qu'à elle-même et à ses volte-face sur ses prévisions de déficit 2012, qui ont entamé sa crédibilité. A peine le pacte budgétaire européen approuvé, M. Rajoy avait indiqué, le 2 mars, vouloir construire son budget sur un déficit 2012 de 5,8 % du PIB, au lieu des 4,4 % prévus. Après un bras de fer avec la Commission, Madrid a accepté de ramener sa prévision de déficit à 5,3 % du PIB en 2012, et à 3 % en 2013.
Après un premier volet de 15 milliards d'euros annoncé fin décembre, M. Rajoy va annoncer, vendredi, de nouvelles mesures de rigueur. Selon les analystes de Credit Suisse, quelque 2 milliards d'euros d'économies supplémentaires doivent être trouvés pour respecter le nouvel objectif. Et pour certains, comme Thibault Mercier économiste chez BNP Paribas, il faudra bien plus que 20 milliards d'économies pour respecter la prévision de déficit, vu les effets récessionnistes des mesures d'austérité et les moindres rentrées fiscales à en attendre.
La conjoncture rend toute projection délicate. Mardi, la Banque d'Espagne a officialisé le retour du pays à la récession, dont elle était sortie il y a deux ans : le PIB s'est contracté au premier trimestre après un recul de 0,3 % sur les trois derniers mois de 2011. Madrid prévoit d'ailleurs une récession de 1,7 % pour l'ensemble de l'année. "Comme nous ne prévoyons le retour de la croissance qu'en 2014, nous estimons que le déficit ne reviendra pas sous les 3 % du PIB avant 2014", notent les analystes de Bank of America Merrill Lynch.
Des communautés autonomes exsangues Entre 2007 et 2011, la dette des dix-sept communautés autonomes a été multipliée par 2,3 et atteint désormais 13,1 % du PIB. "Les recettes fiscales des régions reposent beaucoup sur des taxes immobilières. Elles ont donc fortement diminué avec l'effondrement de ce marché", note Danielle Schweisguth, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Problème, ces recettes "pour partie non pérennes, ont généralement pour principales compétences les champs de la santé, de l'éducation, des transferts sociaux..., explique Jesus Castillo, économiste chez Natixis. Des dépenses qui sont restées stables, voire ont tendance à augmenter à cause du chômage", qui touche 23 % de la population active, un record dans la zone euro.
Une réforme est en cours pour limiter de façon drastique les déficits autorisés pour les communautés autonomes. Reste la question de l'appui politique au niveau local : si la majorité de ces régions sont contrôlées par la droite, celle-ci n'a pas réussi à conquérir l'Andalousie, la plus peuplée d'entre elles, dimanche 25 mars.
L'immobilier et le système financier sous tension En 2007, quelque 750 000 logements étaient mis en chantier en Espagne, un chiffre tombé aujourd'hui à moins de 100 000... Les prix, eux, ont baissé de 26 %, selon l'organisme spécialisé Tinsa, une baisse encore modeste par rapport à la chute de 50 % constatée en Irlande. "L'ajustement se fait surtout sur les quantités, le nombre de mises en chantier ayant été divisé par sept en quatre ans. Or, on estime souvent que chaque construction génère deux à trois emplois", note M. Castillo. Et d'ajouter : "On sait que l'économie espagnole ne repartira pas grâce à la construction."
L'explosion de la bulle immobilière a aussi grandement fragilisé le système financier espagnol. Madrid a certes favorisé une cascade de rapprochements entre banques et poussé ces établissements à faire davantage de provisions, mais des incertitudes demeurent. Le taux de créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, a ainsi atteint en janvier 7,91 % du total des créances, soit 140,03 milliards d'euros, un niveau record depuis 1994...
Résultat : les banques préfèrent nettoyer leur bilan plutôt que d'accorder de nouveaux prêts aux ménages et aux entreprises. De quoi commencer à dégonfler l'énorme dette privée du pays, passée de 226 % du PIB en 2010 à 217 % en 2011. Mais c'est aussi un soutien de moins à l'investissement et à la consommation, alimentant un peu plus le spectre d'une croissance durablement faible...
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CIESMA Mauritanidees
Rédigé par CIESMA Mauritanidees le Jeudi 29 Mars 2012

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