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Pour laver l’affront, la C.O.D décide d’appeler à un autre rendez-vous, à la même place, le mercredi suivant. Même affluence et plus. Discours, toujours musclé. La même ambition. De son côté le pouvoir déploie le même dispositif répressif. Et, attendait le moment opportun pour engager un assaut. Cette fois-ci, les dirigeants ont trouvé la parade. Ils continuèrent l’occupation des lieux, jusqu’à trois heures du matin, pour décider, volontairement, de quitter les lieux. Officiellement, on expliquait au peu de militants, encore mobilisés, à cette heure, que l’objectif était, justement, de maintenir la mobilisation jusqu’à pareille heure. Réellement, une commission de supervision de la C.O.D aurait opéré un décompte de l’effectif présent sur place, et elle a jugé que le nombre n’était pas suffisant pour affronter la police. Ainsi la C.O.D devait s’employer, par la suite, à convaincre l’opinion de sa victoire, au moment, où les forces de l’ordre se réchauffaient, à quelques encablures de là, en prélude à un assaut final. Le président de la C.O.D allait donc monter sur la tribune pour annoncer la fin du sit-in. Quelques escarmouches entre forces de l’ordre et milieux de la jeunesse estudiantine suivront, la semaine d’après. Quelques arrestations dans le rang de l’opposition.
La lutte de la C.O.D allait se suspendre à Nouakchott. Pour s’ouvrir au Tagant, à partir de la semaine prochaine. Un rendez-vous où la C.O.D envisage annoncer sa nouvelle feuille de route pour l’avenir. Un avenir marqué par d’autres rendez-vous, pas forcément favorables pour la mobilisation : Les grandes vacances scolaires, le Ramadan, l’hivernage ou pas…
Maintenir Aziz…
Pour sa part, le pouvoir a pris très au sérieux la menace hissée ‘’au plafond’’ de la C.O.D. Il a rameuté ses troupes, ministres, hauts dignitaires, notabilités ; et s’est préparé à une bataille ardue pour défendre et maintenir, pour ne pas dire ‘’fixer’’, dans son fauteuil, un Chef, désormais, appelé à dégager par les foules de l’opposition. Des missions à l’intérieur, question de prêcher la bonne parole. Des émissions sur commande. Une majorité, en somme, mobilisée pour magnifier les réalisations du président à mi-mandat. Même ‘’l’opposition sympathique’’ a apporté, à sa manière, ‘’sa quote-part’’ de contribution. La riposte de la majorité est allée même jusqu’à se faire dans la clandestinité. Une clandestinité qui se lit, curieusement, sur les murs de la capitale. Où peut lire désormais des slogans qui appellent le président à rester, pour prendre le contre-pied du mot d’ordre de la C.O.D. Des étudiants, soutiens Mohamed Ould Abdel Aziz, ont manifesté dans l’enceinte de l’université pour revendiquer moins de manifestation.
Match nul. Quitte. Trêve, dans tous les cas. Les deux camps n’ont pas réussi, jusqu’ici, à s’annihiler. Ils n’ont, non plus, pas parvenu, à se (con) vaincre, l’un, l’autre. Une bataille irrésolue, en somme. Ou paix générale. ‘’ Une autre fois.’’
Abdelvetah Ould Mohamed
Source : rmibiladi.com


